Ninja et Yamabushi : Guerriers et sorciers du Japon féodal

Extrait de l’avant-propos
Si les arts martiaux constituent une part de l’héritage commun de l’humanité, leur histoire et leurs origines restent relativement méconnues. Remonter aux sources, mieux comprendre pour mieux pratiquer dans le respect de traditions culturelles ancestrales, parcourir sur le papier les chemins d’arts anciens pour mieux appréhender les voies que nous faisons nôtres aujourd’hui, découvrir qu’elles s’inscrivent dans un patrimoine évolutif même si au premier abord leur pratique peut paraître anachronique, tel est le propos de cet ouvrage. Le défi et l’espoir qu’incarne Ninja et Yamabushi, Guerriers et sorciers du Japon féodal vont plus loin : cet ouvrage entend livrer un portrait aussi fidèle que possible des espions du Japon ancien, dits ninja, et des moines yamabushi, «ceux qui couchent dans la montagne», à travers leurs légendes, leurs histoires, leurs techniques et leurs philosophies, en s’efforçant de remonter aux origines. Au fil des pages, je m’attacherai à distinguer les influences exercées par le taoïsme, le chamanisme et le bouddhisme sur la genèse et le développement de l’art ninja de la part de mensonge, de mystification et de désinformation, due notamment au «ninja-boom» des années 80.
Si le livre traite des échanges entre ninja et yamabushi, ce n’est pas pour relancer ce courant – dont a assez pâti et pâtit encore le nin-jutsu et les arts martiaux qui lui sont associés – bien au contraire le but recherché ici est celui d’éclaircir définitivement les choses. Confondre ninja (espions-guerriers), yamabushi (ascètes-magiciens) et sohei (moines-guerriers) est assez fréquent. L’erreur répétée dans de nombreux ouvrages, reportages et magazines vient d’une mauvaise traduction volontairement réalisée par l’un des pionniers du nin-jutsu en France (même s’il ne pratiqua en réalité que très peu). Il utilisa les arts martiaux afin de recruter des membres pour ses pratiques sectaires {shugendo revu et corrigé à sa sauce). Le mot «yamabushi» ne signifie pas «guerrier des montagnes» mais «celui qui couche dans la montagne» ou «celui qui se prosterne en montagne». Les moines yamabushi sont des moines-magiciens-chamans, pas des guerriers. Ils ne l’ont jamais été.
Toutefois, et même si certains historiens les considèrent ténus, les liens entre le nin-jutsu et le shugendo existent. À ce sujet, concernant la période Heian (794-1185), Kacem Zoughari écrit : «Les pratiques comme le shugendo et le onmyodo, ou du moins certains rites, ont influencé la pratique du nin-jutsu qui devait être, selon Sasayama, encore au stade d’embryon.»
De même, Axel Mazuer, dans sa très complète et sérieuse introduction du Shoninki2, texte de référence s’il en est, écrit : «Le Shoninki suggère également un lien entre ninja et yamabushi. Également appelé shugenja, genja ou genza, les yamabushi sont tout d’abord des mystiques plus ou moins dissidents, qui vivaient pour la plupart en ermites dans les montagnes, ce qui leur a valu leur nom. […] Si l’influence du shugendo sur le nin-jutsu est controversée, il est certain que les premières communautés ninja ont en partie intégré des éléments issus du patrimoine ésotérique du bouddhisme, comme le mentionne le Shoninki.»
En effet, de par leur lieu d’habitation commun et leur mode de vie en marge de la société, les contacts et les échanges entre certains clans ninja et yamabushi semblent avoir toujours existé. Le lien s’est probablement forgé dès le Vile siècle, pour se consolider au cours de l’ère Kamakura (1185 ou 1192-1333), atteignant son apogée à la fin de l’époque Sengoku (1467-1568) et au début de l’époque Edo (1603-1868).

Ce livre est exceptionnel! Il est écrit par un chercheur, pratiquant et passionné. Pour les fins connaisseurs en la matière en quête de vérités sur les divers principes fondamentaux que représenté l’art du “Ninjutsu”. Mais aussi les néophytes et les curieux y trouveront beaucoup de plaisir à feuilleter les divers chapitres nous dévoilant les uns après les autres, les terribles secrets que cachés très jalousement ces terribles guerriers de l’ombre du Japon féodal qui nous ont tant fait fantasmer.

3 thoughts on “Ninja et Yamabushi : Guerriers et sorciers du Japon féodal

  1. tu donnes l’envie d’avoir envie!

  2. Voilà qui à l’air très intéressant c’est vrai!

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